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L’espérance au cœur de l’épreuve

Intervention de Jean Vanier au week-end "Cap sur l’espérance" - Mai 2012

Les participants de la rencontre Cap sur l’espérance, organisée par Fondacio au Grand Palais lors du week-end de Pentecôte, ont eu la chance d’entendre Jean Vanier pendant une heure environ... Celui-ci arrivait tout droit de Trosly, près de Compiègne, où il venait d’animer une retraite pour des personnes vivant dans la rue. Cette intervention prenait place lors de l’après-midi sur le thème L’espérance au cœur de l’épreuve.

Une nouvelle fois, on a pu se laisser toucher par la parole lumineuse de ce géant à l’âme d’enfant. En son temps, il est officier de marine (puis professeur de philosophie), encouragé par son père dans son premier appel, à l’âge de treize ans : « Ce que tu demandes, il faut que tu le fasses. J’ai confiance en toi. » « Mon initiation d’adulte », constate Jean sobrement et avec reconnaissance. Il souligne l’importance d’avoir pu faire quelque chose à partir de sa conscience la plus profonde et de recevoir la bénédiction paternelle.

« Où est le roc ? »
Plus tard, la rencontre puis l’engagement avec les personnes handicapées le façonnent à l’essentiel. L’essentiel qui se joue, précisément, au cœur de la rencontre avec l’autre, différent. Jean Vanier évoque brièvement les multiples facettes de la crise touchant nos sociétés, avec son cortège de peurs qui ébranlent la confiance. La seule question qui vaille alors : «  Où est le roc sur lequel nous nous appuyons ? ». Le fondateur de l’Arche invite à revenir sans cesse au Christ, ce roc des disciples, qui nous sauve si nous voulons bien lui ouvrir la porte (Apocalypse 3). A travers sa prise de parole, Jean Vanier nous permet aussi de « rencontrer » Pauline, une femme accueillie à l’Arche, arrivée avec une violence inouïe. Derrière cette violence, salutaire en un sens, il fallait décrypter la violence de son cri d’existence : « Est-ce quelqu’un m’accepte comme je suis ? ».

« Je m’engage à tes côtés »
Et voilà la clef, si simple et exigeante à la fois, pour nos relations : aimer l’autre tel qu’il est. Avec la tendresse comme maître mot, qui consiste en une façon d’écouter, d’être en contact, dans un infini respect. Avec la musique unique de son accent canadien d’origine, Jean Vanier résume : «  Pour rencontrer quelqu’un il faut être humble. Devenir l’ami du plus petit n’est pas simple. Etre l’ami de Jésus n’est pas simple non plus. C’est entrer dans une relation où il y a une certaine parité. Aimer quelqu’un, c’est dire à cette personne : ’Tu es plus beau que tu n’oses le croire’. C’est laisser tomber nos mécanismes de défense... C’est aussi une façon d’être : ’Je ne suis pas mieux que toi’. Jésus t’aime comme tu es : tu n’as pas besoin d’être meilleur, tu n’as pas d’abord besoin de changer… Non, Il t’aime comme tu es aujourd’hui. Et moi je t’aime et je m’engage à tes côtés. »

Guéris par la rencontre
A la fin de son intervention, Jean Vanier évoque un épisode récurrent de pot de moutarde farceur, dans son foyer, et rappelle l’importance de « savoir rigoler » ! Une réalité primordiale à l’Arche, savoir faire la fête aussi. Il fait mémoire des paroles de Jésus : « Que ma joie soit en vous ! ». Quand vient le moment des questions avec micro baladeur dans l’immense enceinte du Palais, la première réaction de notre orateur hors normes : chercher simplement l’émetteur du regard. En l’interpellant jovialement : « Où es-tu toi ? » ! A la question audacieuse : « Avez-vous des ennemis ? », il répond avec une candeur inspirée sur le thème des gens qui « l’agacent sérieusement », baptisant de « deuxièmes Immaculées » les personnes qui ne se reconnaîtraient pas d’ennemis… Il insiste sur l’importance de reconnaître ces situations où nous ne supportons pas tel ou telle, qui font grimper notre niveau d’angoisse. Savoir nommer ces difficultés, les peurs qui naissent et cheminer avec, se faire aider, chercher des solutions… Ne jamais humilier - « L’humiliation provoque la violence ou la dépression ». Et en même temps, il réaffirme : « Je suis guéri par la rencontre »…

Odile Foch

NB : retrouvez l’intervention de Jean Vanier en intégralité en vidéo dans la rubrique galerie vidéo.

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