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Traverser la mort en fils et filles du Père…

Tout le monde n’a pas la chance – la grâce – de croiser sur sa route une personne… quasiment ressuscitée. Un groupe d’accompagnateurs de Fondacio, essentiellement d’Ile de France mais avec quelques délégués régionaux, a vécu une telle rencontre le jeudi 3 mai dernier, à l’Ermitage. Bernard Bastian, ancien modérateur de la communauté du Puits de Jacob, est intervenu de façon exceptionnelle sur le thème des Pâques dans nos vies.


Une première pour Bernard Bastian : répondre à une invitation de notre communauté sur le site l’Ermitage, « attiré par le Père »… Décision un peu folle (aller/retour en une journée depuis les environs de Strasbourg) pour quelqu’un qui se reconnaît « malade depuis cinquante ans » et qui a véritablement traversé la mort en 2009.
En effet, l’ancien modérateur de la communauté du Puits de Jacob a connu alors une épreuve de santé gravissime, avec une tétraplégie de plusieurs semaines et un coma de deux mois. Il se dit sauvé par la prière de l’Eglise et la communauté qui l’a alors accompagné et soutenu envers et contre tout. Y compris son désir de « quitter le bateau » aux heures les plus sombres.
Des conséquences simples et vitales
Son intervention a démarré par un sobre rappel de ces événements majeurs. Dans la suite, pas de propos théologiques lénifiants donc, juste des paroles trempées au feu d’une expérience hors norme.
L’essence de son enseignement porte sur notre identité de fils et filles du Père, à l’image du Fils Jésus. Et sur les conséquences à la fois simples et vitales impliquées par ce positionnement.
Les moments de méditation et de réflexion sur la Passion, notamment sur les dernières paroles du Christ, permettent d’approfondir un «  mourir de Fils et Filles »… Où la relation de confiance et d’abandon filial est maintenue jusqu’au bout et permet cette forme de choix à rebours de nos seules logiques humaines.
« Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne »… « Père, pardonne-leur »… « En tes mains, mon esprit »…
Impossible de rendre compte de la richesse de la journée de façon exhaustive.
« A épouser absolument »
Pointons quelques accents essentiels.
Bernard Bastian rappelle que nos croissances humaines procèdent par maturation et déploiement et par mode de ruptures, de « morts ». Il s’agit parfois de mourir afin de vivre : entrer dans la vie « encore plus réelle, personnelle, voulue par Dieu pour chacun de Ses enfants. Chaque craquement, brisement, gestation dans nos vies peut être, dans la Pâque du Christ, vue, analysée, accompagnée comme une nouvelle naissance dans laquelle se révèle un autre aspect de nous-même. Si nous croyons en la Pâque et en la résurrection, nous ne pouvons juste nous laisser arrêter par une forme de mort. ». Invitation à relire l’intervention d’Elie auprès de la shoumanite, de Jésus avec la veuve de Naïm (2 Rois 4, Luc 7..).
Invitation ferme aussi à « épouser absolument le plan psychique des maux rencontrés mais à ne pas en rester là ». Car il est question de vie nouvelle dans nos personnes à l’occasion de telles traversées, qui provoquent failles, ruptures, fragilités singulières…
« Le Seigneur crée ». Il est question de mourir à soi-même, à son « moi préfabriqué » (notre ego vu par Maurice Zundel)...
Comme on taille un diamant
Le pardon, « pâque des pâques » est évoqué, qui nous ouvre une autre voie de fils… « Celui qui pardonne grandit car quelque chose de la revendication humaine meurt en lui. Comme un saut quantique chair/esprit »…
Parfois il nous faut consentir à « mourir plus vite » à ce qui nous joue afin de vivre davantage comme de vrais fils et filles !
Accepter « docilement » ce que l’épreuve va opérer comme dépouillement salutaire, comme on taille un diamant…
Le père Bastian souligne aussi combien le péché « racine », « matriciel » revient à refuser la paternité de notre Dieu Père. Refuser d’être fils, de recevoir son origine d’un autre… Le fils prodigue (Luc 15) en offre une figure très claire. Etre disciple, en revanche, c’est être fils. Il nous appartient donc de nous saisir de toutes les occasions de nous laisser « filialiser ».
Y compris à l’heure de notre mort terrestre, en nous laissant « couler » dans la propre mort du Christ, lui-même ayant quitté ce monde tout tourné vers son Père, sans démissionner quand tout devenait absurde...
Dans Marc 15, le centurion le perçoit : « Vraiment cet homme était le fils de Dieu ! ».


Odile Foch


Pour notre méditation
« A deux vers le Père »…
« C’est par Dieu que je suis créé, créé mortel. Or, Il est mon Père. Un père n’engendre pas son enfant afin de le tuer. Si, par création, Il me destine à mourir, c’est afin de me faire naître. (…) Jésus meurt dans la sienne la mort de tous les hommes. Je l’espère, je mourrai dans la mort filiale de mon Sauveur… Il me prendra en Lui et nous mourrons à deux vers le Père. »
[Extraits de l’homélie du père François-Xavier Durrwell, théologien, rédigée par lui-même]
Une source à fréquenter : le Puits de Jacob.
Site : www.puitsdejacob.com
Cette communauté existe aussi au Togo.
A lire :
Vivre en homme sauvé, de Bernard Bastian, Edition des Béatitudes.

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